Contactez-nous

Association valaisanne des professionnels des sciences humaines

1950 Sion

info.avpsh@gmail.com

© 2016 Domstuder.com

Suivez-nous

  • Facebook Clean Grey

Les

DOMAINES

ARCHEOLOGIE

Pour l’anecdote….

 

– Je suis archéologue.

 

– Ah, c’est passionnant, ça, l’archéologie. Mais comme métier, vous faites quoi ?

 

– Archéologue.

 

– Vraiment ? Alors vous cherchez des dinosaures, là, avec votre petite brosse à dents ?

 

– Non, les dinosaures, c’est plutôt les paléontologues qui s’y intéressent. Et la brosse à dents est parfois utilisée par les archéologues, c’est vrai, mais nettement moins souvent que la pioche ou la truelle, à vrai dire.

 

– Ah…

 

Formation

Obtention du diplôme : formation universitaire sur 5 ans minimum (3 années consacrée au Bachelor et 2 années au Master). Prolongement possible avec un doctorat.

Universités de Genève, Lausanne, Neuchâtel et Zürich

Le métier

Remonter le temps en creusant

Chargée d’images, colportées entre autres sur grand écran par des aventuriers armés de fouets à la recherche de butins enterrés et d’artefacts prestigieux, l’archéologie suscite toute une imagerie romanesque de découvertes fantastiques. Pourtant, au-delà des objets eux-mêmes que l’archéologue sort de terre, c’est le contexte de leur découverte qui constitue le véritable trésor scientifique : dans quel lieu, dans quelle couche du terrain, quel type de sédiment, dans quelle position, en lien avec quelle structure ?
Le fouilleur remonte le temps en descendant dans le sol et documente chaque étape du processus par des relevés, dessins et photographies. Ce travail documentaire, systématique et minutieux, est essentiel puisque la fouille archéologique est par nature destructrice : on ne peut fouiller un site qu’une fois…

 

Rendre bavards les muets

Si l’histoire se penche sur les sources écrites pour comprendre le passé, l’archéologie étudie l’Homme en priorité à travers ses techniques et à travers les traces qu’il a laissées (on parle de vestiges « muets »). Avec le temps, la plupart des objets et structures créés par l’humain disparaissent sous les effets de l’érosion et de l’exposition à l’air, mais certains vestiges, enfouis dans la terre, échappent à la destruction. Le travail de l’archéologue consiste à décaper le sol, soigneusement, couche après couche, à la recherche de vestiges susceptibles de révéler l’activité humaine.

Grâce au recours à différentes techniques de laboratoire ou par un jeu de comparaison avec des éléments connus par des découvertes antérieures, les restes mis au jour par l’archéologue sur le terrain peuvent révéler leur âge, leur éventuel parcours ou donner des éléments de datation des structures dans lesquelles ils ont été trouvés. Charbons, bois conservés, clous de charpente, pièces de monnaie, outils en pierre taillée, etc. : tous peuvent être situés dans le temps, de manière relative ou absolue, parfois avec une précision extrême puisqu’on peut par exemple dater l’abattage d’un tronc, même plurimillénaire, à la saison près !

La méthode qui permet de le faire s’appelle la dendrochronologie, soit la datation par l’étude des cernes du bois. La plupart des méthodes de datation ne font d’ailleurs pas partie par essence du travail de l’archéologue, mais celui-ci s’appuie sur une multitude de données et d’outils provenant des sciences naturelles et des sciences de la Terre (datation par carbone 14, thermoluminescence, étude des pollens, botanique, etc.).

 

Il y a archéologue et archéologue…

La formation en archéologie, en fonction des facultés et des cursus suivis, permet de nombreuses spécialisations, liées notamment à l’étude de certaines périodes en particulier (il y a par exemple des archéologues préhistoriens ou médiévistes) ou à des tâches spécifiques (dessin, photographie, laboratoire, etc.). Au-delà des connaissances de bases acquises durant le cursus universitaire, l’archéologie est une discipline qui permet également une ouverture à des disciplines spécifiques à certaines problématiques ou à certains objets d’étude : l’archéozoologie (étude des restes fauniques pour reconstituer l’histoire des relations homme-animal), l’archéobotanique (étude des vestiges d’origine végétale), l’ethnoarchéologie (étude qui se fonde sur l’observation de cultures existantes), etc.

Les débouchés

Les archéologues qui se destinent strictement à la recherche s’orientent en général vers un parcours académique, via un doctorat, et poursuivent leur carrière dans le milieu universitaire en enseignant en parallèle. Au-delà du parcours purement académique, la plupart des archéologues exercent leur profession dans le domaine public ou au sein d’entreprises privées mandatées par des instances publiques.

 

En Valais, en 2015, moins de 4 personnes sont directement employées par le Canton puisque l’essentiel des travaux sont exécutés par des entreprises externes mandatées par l’Office des Recherches Archéologiques. Ce dernier assure en particulier la tenue de la carte archéologique cantonale. Les bureaux ARIA SA et TERA Sàrl sont actuellement les principaux pourvoyeurs d’emplois en archéologie en Valais, en fonction des chantiers de fouilles, autant sur le terrain que pour l’élaboration et la valorisation des données. Si tous les titulaires d’un Master en archéologie ne trouvent une place de travail fixe directement liée à leur formation, leurs compétences professionnelles peuvent leur ouvrir d’autres portes.

En voici quelques exemples:

  • Conservation et mise en valeur du patrimoine

  • Musées locaux, musées régionaux et supra-régionaux

  • Associations / sociétés de patrimoine

  • Expositions temporaires

  • Vulgarisation scientifique

  • Travaux ponctuels : prospections, fouilles, documentation, etc.

Auteur: Célestin Taramarcaz